mardi 22 avril 2014

Fait comme un rat !

Une reproduction d un tableau ( réalisée par mes soins)d un très grand peintre Français du XXème siècle décédé il alors que nous étions jeunes. Devinez de qui il s agit?


Aujourd’hui, c est la grand brocante à Altkirch sur le parking du Leclerc. Pour ne pas rater la bonne affaire,  je parcours les allées bordées de stands dés l aube. C est le grand déballage, le temps sera beau, et malgré la récession, je pense qu il y aura foule comme tous les ans. Les marchands sont des gens superstitieux, et si le première négociation avec un acheteur est un échec, c est de mauvaise augure, la journée ne sera pas bonne pour eux c est pourquoi le matin très tôt ils se montrent parfois plus coulants.
-"Voilà ce que je cherche" pensais- je en tombant en arrêt devant un coffre au couvercle bombé.
-"Un vrais coffre comme en avaient les pirates, d ailleurs celui là a voyagé, des étiquettes de compagnies de transport et d hôtels tapissent ses parois. Ses ferrures sont en laiton, le prix va être doré!

Après bien des palabres, j ai arraché le morceau: il est à moi, un peu cher, mais après tout ce sont nos noces d étain: dix ans déjà, je la revois encore dans sa belle robe blanche!
A la maison, je le tapisse avec un tissus autocollant rouge, graisse la serrure, et cerise sur le gâteau j écris un petit mot:"Le plus beau cadeau que je puisse te faire mon amour." que je colle sur le couvercle.
Déjà une voiture? oui c est  Yolande, qui monte déjà les escaliers.
Allons y, je me blottis dans le coffre et laisse retomber le couvercle qui me répond avec un clac bien net.
Des pas précipités dans le couloir: -"Jean! Jean! Jean! Allons répond quand je t appelle!" Je perçois   le frottement de sa robe contre le coffre.
La voilà qui monte les escaliers maintenant, c est drôle qu elle n a pas essayé de regarder ce qu il y a dans le coffre, elle qui est toujours si curieuse!
-"Jean! Jean!  Bizarre qu elle n ait pas enlevé ses chaussures.
 Je l entend ouvrir les portes des armoires, marcher, déplacer des choses, enfin tout un raffut!
Enfin elle monte et descend par deux fois en cognant partout dans les escaliers.
 Elle a l air lourdement chargée.
La porte d entrée s est refermée en claquant, et puis c est le silence.
 Je ne vais pas l appeler, ça gâcherait la surprise.
Mais ou est elle partie? ce n est pas dans ses habitudes de partir ainsi.
Ma positon est plutôt inconfortable, recroquevillé comme un fœtus dans le ventre de sa mère;
et j ai des fourmis partout!
Je sors, je veux sortir, le couvercle résiste, je cogne, mais  c est en vain. Oh l imbécile, je me suis enfermé, la serrure ne s ouvre pas de l intérieur: fait comme un rat!
-" Au secours!"
-"Non pas de panique ! elle va revenir!"
-"Ah ce coffre quelle idée j ai eu là, il est en bon état, solide, et si je manque d air?
-"Au secours, je crie, je m époumone en vain, je somnole, elle ne m entend pas, tout est foutu!"

Yolande a bien vu ce gros coffre:
-"Encore une saloperie qu il acheté aux puces, au lieu d aller dîner ensemble dans un restaurant, on en aurait profité tous les deux, après tout ce sont nos noces d étain! non, j en ai marre je retourne chez ma mère."
Hors d elle et profitant de l absence de Jean, elle met son projet à exécution, jette un regard écœuré  sur la malle, hausse les épaules sans apercevoir son enveloppe glissée malencontreusement sur le sol.
 Elle griffonne encore un mot d adieu.

jeudi 17 avril 2014

Voyage à dos d âne

Illustration acrylique réalisée au pinceau chinois pour ce texte


C était un week end de novembre, avec Anika, une amie de longue date. Son Père issu d une lignée terrienne possédait  à Inzekri une maison ou il ferait bon y séjourner, juste le temps de découvrir la région. Conduisant pendant sept milles la Peugeot pick up sur des routes en lacets sans aucune barrières de protection, nous nous garons enfin sur un terre plein couvert d herbes folles: la route s arrête là. Anika disparaît  derriére une bergerie pendant dix minutes. Un vieux paysan berbère tirant un âne rétif vient en ma direction. Dans son dialecte connu des seuls habitants, il me fait signe d enfourcher la bête. Pour moi qui ne suis jamais montée sur un animal, voilà une surprise qui m inquiète un peu.
Anika nous rejoins en courant, m aide à monter, accroche encore un gros sac sur le coté de l âne, comme si elle n avait pas assez de ma personne. Parfois, sur le chemin caillouteux et étroit, le vieux Berbère doit tirer sur la longe non sans traiter cette pauvre bête de tous les noms. Les précipices sont vertigineux, mais la vue imprenable. Un léger brouillard couvre les fonds de vallée. Les arganiers, les oliviers, bordent le chemin. J espère seulement que cette brave bête ne fera point de faux pas, car je ne me suis pas mis en règle avec le très haut avant de partir. Parfois, son propriétaire le laisse brouter ou vider sa vessie , chose que je ferais volontiers! Sa vitesse est proche de celle des autos dans les embouteillages parisiens, mais ici, on prend les choses philosophiquement, la nature nous offrant des images époustouflantes.
En bas d une descente, il s arrête net, un figuier de Barbarie lui fait obstacle. Le paysan avec un langage peu châtié, essaie de faire reculer l âne . Anika s est emparée d un bâton qui traînait là et tape sur le flanc de la bête. Puis elle tire de toutes ses forces sur la queue en jurant. Je propose de descendre.
-"Non, c est une pouffiasse,  elle ne dois pas frôler cet arbuste, les épines sont difficiles à enlever."
-"Alors, l âne est une ânesse" pensais je tout haut.
Anika cours en direction d une maison, celle de sa famille j imagine. Une ribambelle d enfants nous entoure, on m aide à descendre, dix gamins veulent monter la garde devant les toilettes, un trou dans le sol ou l on a tendu un rideau, peut être pour moi. Plusieurs maisons de couleur argile forment une ruelle: certainement son village dont elle m a parlé avec tant d enthousiasme. Le Couscous laisse échapper des odeurs d herbe, de harissa, on parle beaucoup, fort,tous en même temps, ah mon Dieu, je suis assommée, la famille éprouve une grande joie de revoir sa petite fille autour d une tasse de thé.
Âpres le repas, on descend à la cascade en bas du vallon, les gamins plongent tout habillés, nous nous asseyons au bord de l eau: un bien, un luxe si précieux dans ces régions qui en sont privées.
Une petite soupe de millet et d orge , les conversations, mes yeux clignotent, ej m endors sur une natte tressée par les femmes du village et recouverte par une peau de chèvre.
Le matin les appels des bergers je suppose m ont fait revenir dans ce monde si prés de la nature.
Ces villages sont alimentés en eau à partir de puits creusés dans la campagne, les femmes se chargeant du transport, si aucun véhicules n est là. L état, mais aussi des donateurs ont permit de financer cette infrastructure pour la satisfaction de chacun. Les rubans noirs des routes commencent à relier les villages, mais les distances sont longues, et c est onéreux.

 A coté des maigres pâturages complètement desséchés pendant la saison estivale, on peu voire un peu d orge, également du blé pour les galettes. L olivier, l argan, et la figue de  barbarie croissent là ou les animaux sont exclus.
Plusieurs villages dont celui d Inzekri se partagent un rucher traditionnel. Construit au XIXème siècle en terre et en bois, ses dimensions sont colossales. Aujourd’hui, seulement une partie est utilisée. Les ruches traditionnelles de forme cylindriques sont fabriquées en roseaux tressés et étanchéifiées avec un mélange d argile et de bouse de vache. On les introduit alors dans les compartiments du grand rucher.

. Le miel de thym poussant en montagne est très réputé au Maroc.
La nature, si l on sait l écouter, la sentir, la comprendre et lui parler peut nous offrir bien des satisfactions.
Ce court séjour dans l Atlas, si prés d une nature que l on respecte, parmi les abeilles, les cascades, et les palmeraies ont eut tôt fait de me faire oublier mes randonnées alpines.
Le rucher d Inzekri . une immenses construction en bois . Une acrylique réalisée en partie au couteau.